Horaires atypiques : un webinaire de l'INRS le 10 novembre 2026
L'Anses a rendu le 2 septembre 2026 une expertise sur les horaires atypiques autres que le travail de nuit, qu'elle avait traité en 2016. De 56 % à 76 % des actifs en emploi y sont exposés. Deux points intéressent les employeurs publics :
- les horaires longs ont un effet montré sur le risque cardiovasculaire ;
- l'agence recommande d'en limiter le recours au strict nécessaire.
Trois formes d'horaires
Faute de définition harmonisée, l'avis du 25 août 2026 propose une typologie :
- les horaires longs, au-delà de 8 heures par jour ou de 40 heures par semaine ;
- les horaires décalés, travail du matin avant 8 heures, du soir après 19 heures, posté ou fractionné ;
- le travail du week-end, samedi, dimanche ou les deux.
En 2019, de 18 % à 31 % des actifs en emploi cumulaient deux de ces formes, et de 5 % à 16 % les trois.
Ce que l'expertise établit, et ce qu'elle ne tranche pas
Pour les horaires longs, le lien avec les maladies cardiovasculaires est montré, en particulier les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux. L'expertise suggère, sans les établir, une association avec les symptômes d'anxiété, une augmentation de la dépression « notamment pour les semaines de plus de 55 heures », et un effet néfaste sur la fréquence des accidents du travail. Sur le cancer et les troubles musculo-squelettiques, les données « ne permettent pas de conclure à l'existence ou à l'absence d'effets ».
Ce que cela change dans le document unique
Aucun texte ne définit les horaires atypiques ni ne fixe de seuil. Parmi les rythmes de travail, l'article L. 4161-1 du code du travail ne retient comme facteurs de risques professionnels que le travail de nuit, le travail en équipes successives alternantes et le travail répétitif : ni les horaires longs, ni le travail du week-end n'y figurent. L'Anses recommande d'y inscrire les horaires atypiques.
Parmi ses neuf recommandations, l'agence demande que l'évaluation des risques « intègre les horaires atypiques comme des facteurs de risques professionnels à part entière », et préconise de « réaliser une évaluation différenciée des risques professionnels pour les femmes et les hommes dans le cadre des horaires atypiques », en reprenant les termes du guide de l'Anact présenté dans Évaluation différenciée des risques : ce que le code du travail impose depuis 2014.
L'obligation reste celle de l'article L. 4121-3 du code du travail, qui figure au livre Ier de la quatrième partie et s'impose aux collectivités territoriales, à leurs établissements et à ceux de la fonction publique hospitalière.
Le webinaire du 10 novembre 2026
Diffusé en direct sur internet de 11 heures à 12 heures, il est animé par Laurence Weibel, chronobiologiste et experte d'assistance médicale à l'INRS. Il portera sur les effets des horaires atypiques sur la santé, la sinistralité et la vie sociale et familiale, sur les mécanismes en jeu et sur les solutions de prévention. Il couvre l'ensemble des horaires atypiques, travail de nuit compris. L'inscription est obligatoire.