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Télétravail : France Travail publie une enquête sur les pratiques des employeurs, leurs attentes et l'attractivité des emplois

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France Travail a publié en avril 2026 le n°85 de sa publication Éclairages et Synthèses, consacré aux pratiques de télétravail dans les entreprises et aux compétences attendues par les employeurs. L'étude, signée Guillaume Blache et Frédéric Lainé (Direction Observatoire Statistiques, Études, Évaluation et Prospective), s'appuie sur l'enquête complémentaire Besoins en main-d'œuvre (BMO) 2024 menée auprès de 20 000 établissements. Son champ inclut les établissements du secteur privé ainsi que ceux du secteur public hors fonction publique d'État, c'est-à-dire les collectivités territoriales et les établissements publics administratifs (communes, régions, hôpitaux, écoles).

Une pratique installée mais inégalement répartie

L'étude rappelle qu'en 2024, 18 % des salariés ont télétravaillé au moins un jour par semaine. Côté employeurs, 17 % des établissements déclarent avoir intégré le télétravail dans l'organisation de l'activité, cette proportion atteignant 31 % parmi les établissements de 10 salariés et plus, et 48 % à partir de 100 salariés. Le secteur d'activité reste le déterminant majeur : 52 % des établissements de l'informatique et des services d'information y recourent, contre seulement 5 % dans le commerce de détail. L'administration publique et l'enseignement présentent un taux de 24 %, et le secteur santé humaine et action sociale 16 %. Près des trois quarts des établissements concernés ont mis en place le télétravail depuis la crise sanitaire de 2020.

Un télétravail majoritairement partiel

Le télétravail généralisé reste marginal : seuls 16 % des établissements le proposent à l'ensemble du personnel, et il concerne moins de la moitié des effectifs dans près des trois quarts des établissements. Côté fréquence, 66 % des employeurs concernés indiquent un rythme d'un à deux jours par semaine, conformément à la tendance majoritaire des accords d'entreprise. Lorsque le télétravail n'est pas pratiqué, l'argument avancé dans 91 % des cas est l'impossibilité d'exercer le métier à distance ; une opposition de principe à cette modalité d'organisation reste rare (2 %).

Des compétences nouvelles ? Plutôt des qualités personnelles

Interrogés sur les qualités attendues d'un télétravailleur, les employeurs citent en premier l'autonomie (59 %), le sens de l'organisation (46 %), puis la capacité à instaurer une relation de confiance avec le manager (35 %) et la discipline (34 %). La capacité à déconnecter n'est mentionnée que par 8 % des établissements. Seule une minorité d'employeurs (19 % à 20 %) considère que le télétravail requiert des compétences numériques ou organisationnelles nouvelles, et 9 % seulement estiment qu'il modifie les compétences attendues au moment du recrutement. Le secteur de l'administration publique et de l'enseignement se distingue par une sensibilité plus forte à ces évolutions de compétences (32 % à 35 %).

Le télétravail comme levier d'attractivité

Pour 40 % des établissements proposant du télétravail, cette modalité contribue à rendre les emplois plus attractifs ; ce taux atteint 44 % parmi les établissements ayant rencontré des difficultés de recrutement en 2023 ou en anticipant en 2024. Le télétravail a également permis à 22 % des établissements d'élargir leur vivier de candidats à des personnes géographiquement éloignées. La possibilité de télétravailler est mentionnée dans les offres d'emploi par 39 % des employeurs concernés, et évoquée plus fréquemment encore lors des entretiens (54 %). Enfin, 27 % des établissements ayant recruté ou envisageant de recruter pratiquent des entretiens à distance pour présélectionner les candidats.

=> Pour consulter l'étude : https://statistiques.francetravail.org/offres/offrespub/228342