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Santé mentale des agents territoriaux : les résultats du baromètre 2026

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45 % des agents territoriaux se déclarent épuisés par leur travail au moins une fois par semaine, soit 3 points de plus qu'en 2025, 45 % ressentent une irritation régulière et 35,6 % perçoivent un risque pour leur santé mentale sur leur lieu de travail. C'est ce que mesure la troisième édition d'un baromètre consacré aux seuls agents de la fonction publique territoriale.

Une enquête déclarative, auprès de 6 513 agents

Le baromètre de la santé mentale au travail de la Fonction publique territoriale 2026 est réalisé par Moodwork, entreprise de prévention de la santé mentale au travail, la Mutuelle nationale des fonctionnaires des collectivités territoriales (MNFCT) et idealCO. Il a interrogé 6 513 agents entre mai et juillet 2026, par questionnaire en ligne auto-administré de 45 questions, sur participation libre et volontaire.

Ses auteurs posent eux-mêmes les limites de l'exercice, sous un intitulé « Précautions de lecture » : les résultats sont déclaratifs, les liens rapportés sont des associations et n'établissent pas de causalité, et les écarts avec 2025 se lisent comme des tendances. Les volontaires ayant répondu ne reflétant pas la composition de la fonction publique territoriale, leurs réponses ont été pondérées pour retrouver la part réelle de chaque catégorie, 75,6 % d'agents de catégorie C selon l'INSEE. Cette correction ne porte que sur la catégorie : ni l'âge, ni le sexe, ni le type de collectivité.

Les agents de catégorie C et les encadrants d'abord

L'épuisement déclaré n'est pas réparti au hasard. Il touche 46,8 % des agents de catégorie C contre 39,5 % en catégorie A, et il progresse avec l'âge, de 31,6 % chez les 18-25 ans à 49,5 % au-delà de 55 ans.

Trois causes ressortent :

  • une charge de travail jugée trop élevée au moins une fois par semaine, chez 40 % des agents, en baisse de 6 points ;
  • l'inquiétude pour l'avenir professionnel, chez 35 % d'entre eux, en hausse de 4,5 points ;
  • l'exigence émotionnelle, 33,7 % devant afficher des émotions qu'ils ne ressentent pas.

Les encadrants cumulent : 51 % déclarent une charge de travail élevée, contre 38 % des autres agents.

Les incivilités des usagers, un facteur de risque à part entière

30 % des agents déclarent subir des incivilités de la part des usagers plusieurs fois par mois ou davantage. Le baromètre relie cette exposition au sommeil : 43 % des agents les plus exposés déclarent des difficultés de sommeil quotidiennes, contre 13 % de ceux qui n'en subissent pas.

Renoncement aux soins et absence de formation

Deux chiffres intéressent directement l'employeur.

39 % des agents déclarent avoir déjà renoncé à des soins pour leur santé mentale, davantage chez les femmes (41 % contre 35 %) et chez les moins de 35 ans (43 %). Les agents concernés citent :

  • le manque d'argent, 59 % ;
  • le manque de temps, 55 % ;
  • le manque d'accès à un spécialiste, 37 % ;
  • la peur du jugement des autres, 17 %.

Les trois premiers motifs tiennent aux moyens et à l'organisation. Le quatrième tient à la stigmatisation de la santé mentale, que les auteurs jugent loin d'être anecdotique.

74 % déclarent n'avoir jamais été formés aux risques psychosociaux, et 60 % se disent peu ou pas sensibilisés. Invités à noter eux-mêmes leur connaissance du sujet de 0 à 10, les agents s'attribuent en moyenne 4,4. Les agents de catégorie C sont les moins formés, 23 % contre près de 40 % en catégorie A. Or seuls 15 % des agents estiment que leur collectivité les soutient sur la question de leur santé mentale, et 22 % que leur hiérarchie le fait. L'écart est pourtant net : entre les agents qui se sentent le plus soutenus et ceux qui se sentent le moins soutenus, l'épuisement déclaré baisse d'environ un tiers.

Ce que le droit impose, et ce que le baromètre éclaire

L'article L. 4121-1 du code du travail oblige l'employeur à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs, ces mesures comprenant des actions de prévention, des actions d'information et de formation, et une organisation adaptée. L'article L. 4121-3 impose d'évaluer les risques, risques psychosociaux compris. Ces deux articles figurent au livre Ier de la quatrième partie du code du travail : ils s'imposent aux collectivités territoriales et à leurs établissements.

Aucune disposition n'impose en revanche une formation spécifique aux risques psychosociaux : la formation à l'hygiène et à la sécurité prévue par l'article 7 du décret n° 85-603 du 10 juin 1985 porte sur la circulation, l'exécution du travail et la conduite à tenir en cas d'accident. Le chiffre de 74 % ne constate donc pas un manquement, mais il indique où se situe la marge de progression.

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