Plan Santé au Travail (PST) 2026-2030 : ce que la fonction publique doit en savoir
Publié en avril 2026 par le ministère du Travail et des Solidarités, le Plan Santé au travail (PST) 2026-2030 constitue la feuille de route nationale de la politique de santé au travail pour les cinq prochaines années. Élaboré en concertation avec les partenaires sociaux, il cible principalement le secteur privé et ne s'applique pas directement à la FPT et à la FPH, qui disposent de leurs propres plans.
Pour autant, le PST lui-même annonce que « les liens entre les plans Santé au travail de la fonction publique et du secteur privé seront approfondis ». Plusieurs de ses thématiques méritent donc dès maintenant l'attention des acteurs de la prévention dans les deux versants.
Des priorités ministérielles communes aux deux secteurs
Le ministre du Travail a fixé cinq priorités transversales : prévention des accidents graves et mortels, promotion de la santé des femmes au travail, prévention des risques liés au changement climatique, réduction de l'absentéisme et promotion de la santé mentale — grande cause nationale en 2025 et 2026. Ces axes font directement écho aux enjeux de la FPT (agents en extérieur, services techniques) et de la FPH (RPS, horaires atypiques, violences au travail).
Intelligence artificielle : un observatoire national à suivre de près
L'une des mesures les plus innovantes du PST concerne l'IA au travail. Un observatoire national de l'IA au travail, piloté par l'Anact, sera mis en place pour documenter les effets du déploiement de l'IA sur les conditions de travail — bénéfices attendus comme risques potentiels. Les collectivités territoriales et les établissements de santé, confrontés à des outils algorithmiques de gestion et d'aide à la décision, pourront s'appuyer sur ces travaux. À noter : les instances représentatives du personnel sont consultables sur tout déploiement de nouvelles technologies.
Fortes chaleurs : des obligations renforcées pour tous les employeurs
Le PST consacre plusieurs actions à la prévention des risques liés aux fortes chaleurs. Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 a renforcé les obligations des employeurs en la matière. Les collectivités employant des agents en extérieur (voirie, espaces verts, bâtiment) ou dans des locaux mal ventilés sont directement concernées. Des outils d'accompagnement pratiques seront mis à disposition via le site « Plus frais au travail », construit en lien avec l'Ademe et l'INRS.
Risque radon : une campagne nationale à relayer localement
Le PST lance une campagne de sensibilisation sur le risque radon dans les lieux de travail. Ce risque concerne tout employeur dont les locaux sont situés en rez-de-chaussée ou en sous-sol dans les zones géographiques concernées (Bretagne, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne Franche-Comté, Occitanie…). Mairies, établissements médico-sociaux et hôpitaux sont potentiellement touchés. Un guide et une FAQ publiés sur le site du ministère du Travail accompagnent déjà les employeurs.
Donneurs d'ordre publics : une exemplarité attendue
Le PST invite expressément les acheteurs publics à intégrer des clauses santé-sécurité dans leurs marchés. Les collectivités territoriales, premiers donneurs d'ordre publics en France, sont directement visées. Des outils juridiques et des clauses types seront mis à leur disposition pour les marchés de travaux et de prestations intellectuelles.