Dette cognitive et « brain fry » : adapter les grilles de prévention à l'ère de l'IA générative
Dans une chronique publiée le 19 mai 2026 sur actuel-RH, Olivier Mériaux, directeur des études et synthèses du cabinet Plein Sens, alerte sur l'inadaptation des grilles françaises de prévention des risques psychosociaux face aux effets de l'IA générative.
Deux études convergent : celle du MIT Media Lab (N. Kosmyna, juin 2025), qui mesure par EEG une chute durable de la connectivité neuronale chez les utilisateurs réguliers - la « dette cognitive » -, et celle du Boston Consulting Group parue en mars 2026 dans la Harvard Business Review, qui décrit l'« AI brain fry » (littéralement « le cerveau frit par l'IA »), fatigue mentale née de la supervision continue d'outils dépassant les capacités cognitives de l'individu.
Selon l'auteur, le référentiel issu du rapport Gollac-Bodier (2011) ne suffit plus : l'IA générative agit de façon transversale sur les six familles de facteurs de RPS, fait disparaître les « siestes mentales » offertes par les tâches répétitives et provoque une atrophie des savoirs tacites par délégation. Olivier Mériaux plaide pour une « hygiène de l'IA » au travail, en complément de la littéracie (1) bientôt imposée par le règlement européen sur l'IA.
Lire la chronique intégrale d'Olivier Mériaux sur actuel-RH
(1) La littéracie, ou lettrure, est définie par l’OCDE comme la capacité à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité, afin d’atteindre des objectifs personnels et d’élargir ses connaissances et compétences. Elle dépasse le simple savoir lire et écrire, qui relève de l’alphabétisation traditionnelle, et inclut la communication écrite et orale dans des contextes variés, personnels, sociaux et professionnels.